#059 – C’est pas très ranormal tout ça.

Ne me demandez pas comment, mais il se trouve qu’aujourd’hui, je me suis retrouvé par hasard à lire la page Wikipédia de Jacques Pradel. Dis-donc, les POG, Jacques Pradel, ce serait pas devenu un blog nostalgie ici, que vous vous demandez ? C’est vrai que ces derniers temps, sur le blog comme dans ma vie, je suis tourné vers le passé plus que vers l’avenir. Y a des périodes comme ça. Donc qu’est-ce que je lis sur Jacques Pradel ? Je lis qu’il animait L’Odyssée de l’étrange, émission qu’il avait co-créée avec Marie-Christine Thomas. J’avais oublié. J’apprends que l’émission devait s’appeler Le Troisième œil, mais que ça ne s’est pas fait car une plainte avait été déposée par le producteur de l’émission Mystères, présentée, elle, par Alexandre Baloud. Là, vous vous dites que nous sommes tombés dans les bas-fonds des productions audiovisuelles françaises, et je ne peux pas vous donner tort.

Ces émissions, je les ai matées étant gamin, j’avais entre cinq et huit ans. Ça m’a marqué. Et pas forcément dans le bon sens. Quelques épisodes dont je me souviens en en relisant les titres : La maison qui saigne, Les pommes volantes, Le monstre du Loch Ness, La forêt de Brocéliande, Les hommes sauvages, Le suaire de Turin, Le poltergeist et un que je n’oublierai jamais car il m’a traumatisé pour des années : Le vampire de Highgate. Je n’ai pas revu la plupart depuis mais ils m’avaient fortement impressionnés. C’est peut-être la raison pour laquelle j’ai longtemps été porté par une passion sans borne pour les monstres et l’horreur. En tout cas, il est tout à fait certain que c’est la raison pour laquelle j’ai tiré ma couverture jusqu’au dessus de ma tête tous les soirs jusqu’à mes neufs ans environ, afin qu’aucun vampire ne puisse accéder à mon tendre cou lorsque je dormais. Ce qui, en fait, à cause de la chaleur et du manque d’air, m’empêchait de m’endormir pendant des heures durant lesquelles j’étais submergé par des vagues de paranoïa, imaginant des personnages livides qui sentaient la chair pourrie et munis de longues crocs avançant à pas feutrés dans le couloir qui desservait ma chambre. Bon, d’accord, c’était pas seulement à cause de l’émission, c’était également à cause de mes cousins, bien plus âgés que moi, qui m’avaient fait une très mauvaise blague le soir où l’épisode du vampire de Highgate passait à la télé et que nos parents étaient trop occupés à bouffer et à picoler pour nous surveiller.

Ce que je déplore le plus avec ce genre d’émissions, c’est qu’ils laissent planer le doute quant à la plausibilité des phénomènes paranormaux qu’ils traitent. Le sommet de la mauvaise foi ayant été atteint avec le dossier Roswell. Pour attirer un audimat de crédules, jamais on n’ose dire que tout ça c’est du divertissement. Je m’en foutais pas mal avant, mais c’était avant. Avant quoi ? Avant de bosser dans une crèche et d’entendre de la bouche de certaines collègues que, par exemple, les enfants pouvaient voir des choses que les adultes ne pouvaient pas voir, par exemple encore, des fantômes. Celle qui m’a raconté ça disait également que si tu avais une angine il fallait simplement déposer des demi-citrons aux quatre coins de ta maison et hop, ça passait. Mais pour le coup des fantômes, où l’avait-elle vu ? Pourquoi y croyait-elle si fort ? Parce que c’était passé chez Cauet. C’était des experts qui l’avaient dit chez Cauet, donc c’était vrai. Forcément, puisque c’était à la télé, chez Cauet. Sinon Cauet les aurait pas invité, si c’était pas vrai, tu penses bien. Ben ouais. Un jour elle a voulu faire venir un « magnétiseur » à la crèche sans prévenir la direction, pour qu’il épure un peu les lieux des mauvaises ondes qu’elle pouvait ressentir. Continuons donc à faire du divertissement sur les sujets paranormaux en présentant ça comme une exposition de faits comme les autres, ça ne peut pas faire de mal, hein ?

Les articles Wikipédia sur ces émissions insistent sur le fait que la sauce n’a pas pris en France, contrairement aux États-Unis et à la Grande-Bretagne qui fournissaient bon nombre d’épisodes à nos programmes copiés sur les leurs. Pfiou. Qu’est-ce qu’on a évité…


#052 – Prière de ne pas s’asseoir sur le banc de montage

Allez, maintenant je peux vous parler un peu plus de ce que je trafficotais ces derniers jours. Je faisais du montage vidéo. Mon nouveau joujou, c’est un logiciel pré-installé sur mon ordinateur. Comme quoi, c’est pas toujours de la merde. Sur celui-ci on ne peut pas tout faire, évidemment, il faudrait que je banque pour avoir accès à toutes les fonctionnalités, mais enfin, c’est déjà assez complet pour du gratos.

Je ne pouvais pas vous en parler avant parce que c’était un projet, entre autres, destiné à un tout petit magazine underground pour lequel on se réserve des surprises une fois par mois, et que la date de remise de nos petites œuvres, c’était hier. Pour ne pas spoiler les quelques autres participants·es qui passent sur le blog de temps en temps, je ne voulais donc rien en dire. Mais là c’est bon, ils et elles ont reçu le paquet. Croyez pas que je vais rentrer dans les détails pour autant, car je fais ça sous une autre identité et que je ne compte pas vous révéler ici toutes mes autres vies sous des pseudonymes variés.

Bon, mais qu’est-ce que c’est cool de monter ! Surtout si on a une bonne recharge de café à portée de main et un ordi qui rame pas trop. C’est tout une question de rythme et, quel que soit le domaine artistique concerné, quand on trouve le bon rythme c’est toujours jouissif. Et puis impossible de penser à autre chose tant toute notre attention est mobilisée. C’est un fantastique outil d’évasion. En plus, aujourd’hui, on trouve partout des vidéos dans le domaine public ou sous licence creative commons qui vous permettent, même à vous qui ne savez pas filmer, de vous fabriquer des clips aux petits oignons.

Petit encart creative commons pour ceux et celles qui connaitraient toujours pas. Imaginons que vous utilisez une œuvre sous licence creative commons dans votre propre création. Qu’avez vous le droit de faire ? Partons du principe que vous pouvez tout faire si l’œuvre dont vous vous servez a pour license CC0. Tout, vous posez pas de question. Maintenant, si à côté du CC il y a écrit :

  • BY – C’est que vous devez mentionner l’auteur·e de l’œuvre dans votre propre création ou dans une description qui l’accompagne.
  • ND – Vous n’avez pas le droit de modifier l’œuvre en la redistribuant, vous pouvez donc uniquement la partager telle quelle.
  • NC – Vous n’avez pas le droit de faire une utilisation commerciale de l’œuvre en question ni de votre propre création si vous utilisez une œuvre ou partie d’œuvre dont la licence comprend ce sigle.
  • SA – Vous devez utiliser la même licence pour votre création que celle appliquée à l’œuvre dont vous vous êtes servi·e pour la fabriquer.
  • C’est tout.

Quelques exemples. Vous tombez sur une œuvre sous licence :

  • CC BY : Vous pouvez partager l’œuvre telle quelle, la modifier, l’utiliser dans une de vos créations, monétiser votre création, utiliser la licence que vous voulez pour votre création. Vous devez impérativement citer l’auteur·e de l’œuvre originale dans tous les cas.
  • CC BY NC SA : Vous pouvez partager l’œuvre telle quelle, la modifier, l’utiliser dans une de vos créations. Vous n’avez pas le droit de monétiser votre création et devez obligatoirement appliquer une licence CC BY NC SA à celle-ci. Vous devez impérativement citer l’auteur·e de l’œuvre originale dans tous les cas.

Fin de l’encart creative commons pour ceux et celles qui connaissaient pas encore.

Bon, ben voilà. J’ai monté trois clips en trente-six heures, et là j’en attaque un quatrième. Au lycée, j’avais déjà participé au montage d’un court, je connaissais donc déjà les outils de base de ce genre de logiciels, mais faites-moi confiance, il n’y a rien qu’un tuto de trente minutes ne pourrait vous apprendre. En ce moment je fouille dans les vieilles vidéos médicales. Tout ces gens en blouses blanches, c’est parfait pour que tout soit raccord ! Je vous encourage donc fortement à essayer. C’est très addictif.

Oh, mais il est tard, je comptais vous narrer un peu plus longuement les joies du montage mais il faut que je fasse à manger pour mon amie bien malade et toute fiévreuse. La grippe me guette, je vous le dis, elle est partout et je l’ai toujours pas chopée. Hier elle était à ma porte, aujourd’hui elle est dans mon lit. Si demain je suis pas sous ma couette à trembler, j’aurais eu de la chance. Je sens déjà mes bronches se gorger de mucus. C’est pas sale, c’est la nature.

À demain.

#045 – L’ordre dans le chaos

Je me suis remis à jouer à un petit jeu en ligne gratos depuis quelques semaines. Fractal, que ça s’appelle. Le principe de base est simple : le monde a pété, il n’en reste rien, juste quelques survivants·es et des épaves. Pas de règles, libre à vous de tenter de survivre ou pas dans ce monde ravagé. Il n’y a que des joueurs·ses. C’est-à-dire aucun personnage programmé, aucun scénario pré-établi non plus. C’est à vous et aux autres joueurs et joueuses de fabriquer l’histoire.

Comment ça se joue ? C’est du tour par tour, à raison de deux tours par semaine. À chaque tour vous pouvez vous déplacer d’un certain nombre de cases sur la carte constituée de… ben de cases, hexagonales. Vous avez également un jeton d’action principale à dépenser par tour, ainsi qu’un jeton d’action sociale. Comme dans beaucoup de jeux de rôle, votre personnage dispose de points de caractéristiques. Points de production d’eau, de nourriture, de matière, points d’artisanat, points d’exploitation. C’est à ça que peut vous servir votre jeton d’action principale par exemple, produire pour survivre. Mais il peut également vous servir à attaquer pour tuer, grâce aux points de combat, et voler des vivres sur un cadavre encore chaud, voire vous servir en chair directement, miam miam. Vous commencez le jeu avec quelques maigres réserves qui ne vous permettront pas de tenir bien longtemps, alors vous faites comme vous pouvez.

Le jeu ne dicte aucune voie à suivre, aucune morale. Vous pouvez tuer, voler, violer, réduire en esclavage les plus faibles que vous, consommer différentes drogues, baiser avec qui vous voulez de manières diverses et variées. Mais vous n’y êtes pas obligé·e. Vous pouvez tout aussi bien former un petit groupe de survivants·es si vous avez assez de points de commandement, ou en rejoindre un déjà créé sinon, et faire marcher la solidarité, l’entraide, la coopération, ou même fonder une communauté en dur à plusieurs si vous vous sentez les reins assez solides et disposez des ressources et des compétences nécessaires pour vous assurer de n’avoir pas simplement creusé une grande tombe collective. Si vous n’êtes pas prêts·es à tout pour survivre ou n’avez pas les moyens de le faire pacifiquement et que tuer, même en dernier recours, vous, jamais, vous pouvez très bien décider de vous laisser mourir plutôt que de vous livrer à des atrocités. Encore une fois, c’est vous qui choisissez.

Les actions possibles sont plus variées que celles que je viens de vous lister. Vous pourriez choisir de vous installer quelque part au bord de l’eau dans un nid presque douillet malgré les puces et la dysenterie, et vous mettre à fabriquer des barques pour gagner votre vie, car il est possible de développer, entre autres, une compétence de fabrication de barques. Bon, par contre pour les vendre à bon prix, voire ne pas vous les faire braquer, là, il n’y a pas de points de compétence qui tiennent, va falloir interagir avec les autres et vous montrer convaincant·e. Sinon, vous pourriez alternativement, et ce n’est encore qu’un exemple parmi une infinité de façons de jouer, choisir de mener la vie de cartographe et vous farcir toute la carte à arpenter pour découvrir les limites du monde connu, libre à vous. Ce n’est pas codé dans le jeu, cartographe, mais rien ne vous empêche de le faire. Vous pourriez le faire à pieds, à cheval, ou dans une vieille épave de caisse que vous auriez retapée si vous arrivez à trouver de l’essence (ça c’est codé), à poil ou armé·e jusqu’aux oreilles. Enfin, en vrai, je ne vous le conseille pas. Beaucoup l’on tenté, peu en sont revenus·es.

Mais la chose à savoir avant de se lancer, c’est que si vous ne faites pas vivre votre personnage par écrit, alors vous risquez fort de vous ennuyer. La moelle de ce jeu, c’est les interactions entre personnages sur les différents forums disponibles. Intrigues politiques, histoires d’amour et de haine (surtout), de confiances accordées puis trompées, simples conversations pour rompre la solitude par l’intermédiaire de vieilles radios encore opérantes (on fait, comme si, tout passe par le texte)… Tout est bon pour développer votre histoire, et donc l’histoire commune. Vous avez vu la capture d’écran que je vous ai mise plus haut ? Dites vous bien que l’immersion ne viendra pas des graphismes, ni des musiques puisqu’il n’y en a pas. Tout est dans votre personnage, ce que vous lui ferez faire et la façon dont vous raconterez ce que vous lui faites faire. Il y a les forums du jeu, les forums propres à chaque communauté, et maintenant les serveurs discords qui viennent s’ajouter à ça… autant de lieux d’écriture collaborative.

Donc jeu assez original, en français, gratuit, plein d’une ambiance entre grosses maraves et grosses marrades, le tout peuplé de joueuses et de joueurs qui se régalent d’écrire, de lire les histoires des autres et d’interagir entre elles·eux. Moi, tout ça me botte grave.

#038 – TL;PL : Revenez demain

Paraîtrait que je dois écrire une note de blog. Commençons tout de suite, car il est presque 22h. Je viens à peine de rentrer chez moi. J’étais à la soirée d’une association dont je faisais partie il y a quelques mois. Là, comme j’ai utilisé le passé, vous avez compris que je n’en fais plus partie. Très juste. Vous devriez songer à devenir détective privé. Mon amie, elle, s’y remet, je l’y ai donc accompagnée. Après une telle soirée, j’aurais des choses passionnantes à vous raconter sur les associations d’aide à la personne, leur financement par de grosses entreprises et de grands groupes industriels, pourquoi tout ça va mal finir. Ou comment il semblerait que ce qui inquiète le plus les gens aujourd’hui, ce sont les réseaux sociaux. Mais je n’en ferai rien car, voyez-vous, j’ai passé la dernière demi-heure de la soirée à me goinfrer de petits fours moins végétaux les uns que les autre, dans l’espoir d’être assez repus pour ne pas avoir à m’ouvrir un sachet de nouilles instantanées en rentrant. Non, je ne mange pas que ça. Sachez que je cuisine souvent, seulement avec trois supermarchés de produits asiatiques en bas de chez vous, vous aussi vous céderiez souvent à la facilité. Peut-être plus souvent que moi, même. De toute façon on ne saura jamais. Commencez pas à jouer à qui a la plus grosse. Bon, eh bien, ça a marché. J’ai le ventre plein. Je ne pense qu’à une chose, boire quelque chose de frais. Et aussi voir si on a enfin réussi à trouver un ami perdu de vue par l’intermédiaire d’un jeu en ligne auquel nous jouions tous deux il y a fort longtemps et la bonne volonté des anciens. Et m’écrouler sur mon lit pour lire la fin de Unlucky Young Men, dont je vous causerai sans doute un de ces jours. Sur le dos. Pour ce qui est de m’écrouler, sur le dos, pas vous causer d’Unlucky Young Men, car j’ai le ventre trop rond pour m’y coucher dessus. Donc, ben… À demain ! En espérant avoir quelque chose de plus intéressant à vous raconter. C’est que je culpabilise quand je suis inintéressant deux jours d’affilée. Oui, je culpabilise souvent.

Photo par Bloubliblou

#031 – Dehors, il fait beau. Et dedans ?

Aujourd’hui, à Lyon, il fait bon. Non, beau, pardon. Deux jours de suite, ça faisait longtemps que ce n’était pas arrivé. Il fait froid, certes, mais le ciel est Montpelliérien. C’est-à-dire d’un grand bleu sans nuage. Donc beau, mais pas bon, car ce dernier terme supposerait une température agréable. Or, à 11h, l’herbe des parcs était en grande partie toujours givrée, du moins près des fleuves. Ça ne vous intéresse pas ce que je raconte ? Vous avez en horreur la petite conversation météorologique ? Ne vous inquiétez pas, c’était juste une introduction.

De nombreuses personnes ressentent une difficulté à conserver leur bonne humeur lorsque la grisaille perdure. Z’ont beau se dire qu’au-delà du tapis de nuages étalé au-dessus de leur tête il fait tout bleu et que le soleil chauffe, ça n’y change rien. Question de vitamine D, j’imagine. Suis pas biologiste. Je croyais moi-même faire partie de ce groupe-là. Eh ben pas forcément. Mon humeur est bien plus constante que lorsque les jours de grands soleils alternaient inlassablement avec les nuits très noires. Fulgurantes excitations dès le matin, sentiment d’être un ouistiti en cage chaque soir, et donc frustrations monstres, et donc déprimes chroniques. Alors qu’ici, bah… c’est toujours un peu pareil. Je me lasserai sans doute de la monotonie comme je me suis lassé de ces hauts et bas quotidiens au sein des mêmes 24h. Je vais même vous dire, il y a plusieurs semaines de ça, après un bon mois de gris 25% en continu, le ciel s’est dégagé une petite heure et ce salaud d’astre solaire en a profité pour me balancer ses rayons en plein dans la gueule. Eh ben je me suis senti agressé. Oui, rien que ça. Agressé. De quel droit venait-il me sortir de mon petit confortable cocon grisounnet pour me foutre un coup de speed soudainement ? Surtout si c’était pour repartir aussi sec qu’il était apparu ? Non mais franchement.

La bonne humeur, ça se cultive indépendamment du temps qu’il fait. Mais encore faut-il avoir bien préparé le terreau dans lequel on compte la faire fleurir. Ah non, merde, je me trompe de post. Le discours imagé c’était hier. Enfin tant pis, continuons cinq secondes puisqu’on a commencé. La bonne humeur se cultive, donc, cependant il est clair que chacun·e ne part pas avec les mêmes outils de jardinage, et n’a pas forcément les mêmes chances d’acquérir les plus solides d’entre eux. Hmm. En fait j’ai fini, j’ai plus d’idée pour filer la métaphore. Ah si, personne à ma connaissance ne dispose de la notice desdits outils. Mais de toute façon, d’une j’ai jamais vu de notice accompagner les outils de jardinage, et de deux ça commence à devenir lourdingue alors j’arrête pour de bon. Ce que je voulais dire en bref, c’est que s’il ne fait pas beau ni bon dehors, il reste sans doute toujours possible de faire en sorte qu’il fasse beau à l’intérieur, bien que ce soit loin d’être simple. Et aussi que j’ai pris ces deux photos il y a longtemps et que je voulais les caser quelque part, il me fallait donc bien broder quelque chose autour.

Alors, brillez les amis·amies. Brillez pour vous, brillez pour moi, brillez pour celles et ceux qui vous entourent. Ne laissez pas la météo décider forcément du temps qu’il fera sous votre caboche et dans votre petit cœur. Et si vous n’y arrivez pas tout de suite ni à tous les coups, ne vous exaspérez pas malgré mes exhortations, car vous savez bien que je raconte souvent des conneries. Ce qui marche peut-être pour moi, et encore c’est loin d’être sûr, ne marche peut-être pas pour vous, voire ne marche pas du tout. Mais laissez-moi espérer un peu quand même, ça me fait du bien.

Peut-être une dernière chose tout de même, concernant les notices explicatives relatives au bonheur. Moi, je serais vous, je me méfierais de celles et ceux qui cherchent à me les vendre.

Allez, à demain. J’espère quand même qu’il fera beau.

#024 – Rentrer au port (bis)

Aujourd’hui, je n’ai pas le temps. Pourquoi ? Parce que c’est le retour de l’être aimé. Hein ? Oui, c’est comme ça, c’est la période des retours. Hier, moi, aujourd’hui, elle. Faites donc au moins semblant d’être jouasses, s’il vous plaît. Aujourd’hui, redonc, c’est le retour de l’être aimé, et je n’ai même pas eu besoin de faire appel à un marabout. Certains ou -taines diront que c’est tricher, car le retour était prévu depuis le départ (c’est pas beau la jalousie, vous y avez laissé combien au marabout ?). À ceux-ci et celles-là je rétorquerai que non, pas forcément. J’ai déjà connu un être aimé qui malgré le fait que tout était planifié, ne fut de retour que pour me dire qu’il s’en allait. Remarquez, je ne lui en veux pas, si j’avais était elle j’aurais fait exactement la même chose. Le seul problème est que j’étais moi, et que j’étais un sale con de jeune perdu. Aujourd’hui je suis moins sale, encore un peu con, vieux, et toujours perdu. Pourquoi parler de tout ça ? Hein ? Évoquer un ex-être aimé le jour du retour de l’être aimé, on a quand même vu plus romantique. Eh bien parce que le romantisme, je me torche avec et que je débite ce qui me vient au moment où ça me vient, parce que, je vous l’ai déjà dit, je n’ai pas le temps. C’est que mon amie sera là dans à peu près une demi-heure et je n’ai pas envie de passer le soir de nos retrouvailles à me taper une note de blog. Je viens de me souvenir que le premier jour que nous avons passé ensemble avec mon amie, il y a presque huit mois, on avait décidé que je resterai chez elle pour la nuit. J’avais donc fait un aller-retour pour chez moi pour choper mon ordinateur et ainsi pouvoir rédiger ma note de blog avant de passer notre première nuit en amoureux pour me tenir à tout prix au billet quotidien. Ah, comme les choses changent vite. Aujourd’hui je ne cherche que la bonne excuse pour arrêter ce blog que je n’aurais pas dû relancer. Mais si j’arrête je me trouverai nul, plus nul que ce que je me trouve de continuer sans en avoir envie, alors bon. Bref, et pourquoi je ne m’y suis pas pris plutôt, hein ? Eh ben pardi, parce que je faisais le ménage. Comme toute personne normalement constituée qu’on laisse à elle-même pendant trois semaines. Vaisselle en retard, machines en retard, coup d’aspirateur, courses pour qu’on ait autre chose à manger que des clémentines espagnoles sans pépins et avec pesticides ce soir… Mais ! Vous me faites vraiment parler de n’importe quoi, en plus je vous dis que je n’ai pas le temps. Allez, allez, ouste, fichez-moi le camp, je reviendrai demain vous raconter que je n’ai rien à raconter.

#019 – Maurice Tézenas (1/1)

On me fait parvenir quelques mots d’encouragements, on me refile des tuyaux pour ne pas lasser ni me lasser moi-même en tenant le blog quotidiennement. Merci beaucoup à vous, ô ânmes charitables. On m’invite à traiter des sujets qui resteront les mêmes pour une semaine ou un mois, et on me propose même un thème exemple (choisi aléatoirement) ! Comment refuser cette aide après m’être apitoyé sur mon sort ? Je ne le peux décemment pas, et comme je n’ai pas beaucoup de temps car ce soir je veux passer du temps avec mon amie qui s’en va demain pour presque un mois, je ferai comme l’élève à qui l’on donne un exemple pour un exercice d’invention et qui, au lieu d’en conserver la méthode et de trouver son propre sujet, garde le sujet de l’exemple et ignore la méthode.

Le thème est donc… suspense… sauf pour ceux et celles ayant lu les commentaires sous l’article d’hier… Maurice Tézenas ! (et puis au final je l’ai mis dans le titre, y a vraiment rien à sauver…) Et je le traiterai non pas tout au long de la semaine, mais simplement aujourd’hui. D’ailleurs, je suis tellement pressé que je vais simplement vous restituer de mémoire ce que j’en ai appris sur Wikipédia. C’est parti.

Maurice Tézenas n’est, à la surprise de celles et ceux qui lisent trop vite, pas né à Pézenas et n’a donc pas connu Molière à sa naissance. D’autant qu’il vécut à cheval entre le XIXe et le XXe siècle car, même si cela peut sembler étrange à la jeunesse d’aujourd’hui, le cheval était encore le principal moyen de locomotion à cette époque. Où était-il né si ce n’était pas à Pézenas ? Eh bien, à Montbrison ! Étrangement quand j’ai lu Montbrison, j’ai pensé « prison de Montbrison », mais franchement je ne saurais pas vous dire pourquoi. Sans doute est-ce la rime riche.

À quoi donc Maurice occupait-il ses journées ? Il était avocat. Ceux qu’on trouve au tribunal évidemment, ce n’est pas parce que j’ai fait deux mauvaises blagues au début du paragraphe précédent que je vais me permettre de dire qu’il était un fruit climactérique originaire du Mexique. Ça n’aurait aucun sens puisque je viens de vous l’expliquer, il était né à Montbrison. Montbrison… La prison de Montbrison… Après une brève recherche je me rends compte que non, définitivement, il n’y a toujours rien de particulier concernant cette prison, qui d’ailleurs fut fermée il y a bien longtemps. Enfin, on va pas y passer la soirée. Maurice était avocat et défendit acteurs, chanteurs, écrivains, journalistes, libraires, autant que magistrats, hommes politiques de tout bords, militaires et nobles. Je vous laisse en tirer vos propres conclusions.

Il se fit démarcher par les boulangistes, qui sans doute pensaient que les boulangers étaient les mieux à même de gouverner la République (je ne sais pas, je n’ai pas eu le temps de regarder la page Wikipédia les concernant) mais il ne répondit pas à leur appel, ayant certainement quelque préférence pour les pâtissiers, ce qui laisse à penser que le monsieur était un peu élitiste sur les bords.

On apprend également qu’il fut avocat pro bono du commandant Esterhazy. Mais est-il nécessaire que je fasse une blague au sujet du groupe U2 ? Je ne sais pas, ç’aurait sans doute était préférable au fait d’avouer qu’à l’époque où l’on abordait l’affaire Dreyfus en cours d’histoire, je devais sans doute encore dessiner de zizis dans les marges, j’aurais eu l’air moins bête, car ce commandant Esterhazy, je ne sais absolument pas de qui il s’agit.

La prison de Montbrison… Mais si ! La prison de Montbrison, c’est la prison qu’attaqua Louis Mandrin pour en libérer les prisonniers afin de grossir les troupes de son gang de contrebandiers ! Ah Mandrin, lui c’était pas n’importe qui ! Lui il a une chanson à son nom, la complainte de, que ça s’appelle, pas comme ce Maurice Tézenas qui mourut comme un con dans son château à Bligny ! Ah, eh ben, ça valait le coup d’être avocat ! Faut qu’un mec se plaigne de pas savoir quoi raconter sur son blog pour qu’on se souvienne de vous. Remarquez, les avocats sont utiles. J’aimerais pas me retrouver devant un juge dans un pays où il n’existe pas d’avocats. C’est un coup à finir sur la roue.

Bon, sinon, si vous voulez un bon article sur la prison de Montbrison, c’est ici que ça se passe, et c’est aussi là que j’ai retrouvé pour quelle raison j’associais les deux mots, je vais pas faire semblant de m’en être souvenu tout seul, ce serait vraiment pas beau.

Demain nous parlerons de tout à fait autre chose, mais merci Feldo, c’est encore une note de torchée grâce à toi.